Équipe 1

Bon vent, Julien!

Après sept saisons riches et intenses passées au SAH, le capitaine Julien Langlade s’envole vers de nouveaux défis. Interview, entre souvenirs et projets…

La saison prochaine, Julien Langlade sera entraîneur-joueur à RIon-des-Landes, son club formateur. (Photo Jean-Louis Tastet)

La saison prochaine, Julien Langlade sera entraîneur-joueur à RIon-des-Landes, son club formateur. (Photo Jean-Louis Tastet)

Quand as-tu pris ta décision de quitter le SAH ?
Cela faisait un petit moment que ça me trottait dans la tête même si j’avais prévu de rester en cas de descente en Fédérale 2. Je ne voulais pas laisser le club sur un échec et à 34 ans, je me sentais encore capable d’apporter quelque chose à ce niveau. Mais ma mutation professionnelle à Hossegor a précipité les choses. Je ne me voyais pas faire les allers-retours trois fois par semaine. Il était temps de passer à autre chose.

Où vas-tu rebondir la saison prochaine ?
Je me suis engagé à Rion-de-Landes où j’ai rejoint mon frère. C’est là-bas que j’ai commencé le rugby à l’âge de 5 ans et j’y suis resté jusqu’à 17 ans. J’ai toujours pensé que je finirais ma carrière là-bas. Ils m’ont recruté en tant qu’entraîneur-joueur. Je serai en charge des lignes arrières aux côtés de Vincent Godemet, le fils de Max, et je jouerai de temps en temps selon les besoins du club. Je pense qu’il me reste une ou deux belles années en tant que joueur.

Entraîner, est-ce quelque chose qui te tentait depuis longtemps ?
Oui. Cela faisait un moment que j’en parlais et que je projetais de le faire une fois les crampons raccrochés. En tant que joueur, j’ai toujours été impliqué dans les choix des coachs, pas pour les compositions d’équipes mais sur le contenu des entraînements et la stratégie. C’est quelque chose que j’ai envie de faire sérieusement, avec ambition, en commençant par passer mes diplômes. Je ne me sentais pas capable de commencer cette nouvelle carrière à Hagetmau, même si la question s’est posée à un moment. Le défi qui nous attend à Rion avec Vincent Godemet est un bon challenge pour commencer. Rion s’est maintenu de peu en Fédérale 3 mais a remporté le challenge de l’Espoir, ce qui prouve que l’équipe a du potentiel.

Qu’a-t-il manqué au SAH pour assurer son maintien cette saison ?
Je pense que nous avions une meilleure équipe que l’année précédente mais il nous aurait fallu un petit peu plus de réussite. On fait un bon début de saison puis on rate un match capital contre Lourdes qui nous fait très mal. Ensuite on pensait avoir fait le plus dur en gagnant à Bagnères mais certains résultats nous ont été défavorables comme la défaite de Tyrosse à Mauléon. Au final on échoue à 3 petits points. Peut-être que le groupe a plus lâché à l’extérieur que lors des saisons précédentes où nous parvenions à ramener des points.

Tu as tout connu avec le SAH. Quels sont tes meilleurs souvenirs sportifs ?
Je suis arrivé lors de la première montée en 2007-2008. J’ai connu une montée en Fédérale 1, une descente puis une remontée avec ce titre de Fédérale 2, car dans ma tête on nous l’a volé (la finale contre Marseille-Vitrolles en 2011, N.D.L.R.). Six mois avant, j’avais programmé le baptême de ma fille la veille du match, pour dire à quel point on y croyait ! On a fait un parcours incroyable avec des victoires probantes contre tout le monde. Il y a eu des moments très forts comme la victoire contre Nîmes en demi-finale. Je me souviens aussi de la défaite à Colomiers. On était comme des gosses d’aller jouer dans ce stade mythique. Puis on les avait battus chez nous lors du dernier match de la saison. Colomiers n’avait perdu que deux matchs cette saison-là.

Et humainement, quels souvenirs emportes-tu avec toi ?
J’ai signé au SAH alors que je jouais à Grenade-sur-l’Adour depuis les juniors, et après un passage par les espoirs du Stade montois. Cela faisait longtemps que j’avais envie de jouer pour Hagetmau. C’était le club du coin qui m’attirait. Mes deux grands-mères habitent Hagetmau et mon père a porté les couleurs du club. Il y a toujours eu au SAH un état d’esprit particulier. Des valeurs, une fierté de porter ces couleurs, une unité et un groupe soudé. On a recruté des joueurs de très bon niveau mais c’étaient tous, avant tout, de très bons mecs. Je pense à Rudolph Berek ou Jérôme Labat qui venaient du monde professionnel mais qui ont tout de suite adhéré à ces valeurs. Olivier Beuste incarne aussi pleinement cet état d’esprit. Je reste également en très bons termes avec Jean-Pierre Dumartin, que je considère comme un second père, avec Benjamin Bagate avec qui j’entend garder contact, avec Jérôme Labat et Stéphane Castaignède qui entraînait lorsque je suis arrivé. Je suis aussi très heureux d’avoir pu partager tous ces moments avec mon pote Julien Leroy, que j’ai connu en junior à Grenade. Hagetmau est un club attachant à tous les niveaux, que ce soit les joueurs, les entraîneurs, les dirigeants et les supporters. Je remercie tout le monde pour ces années. Quand on est un passionné de rugby comme moi, c’est toujours émouvant de tourner une page de sept ans.

Que souhaites-tu au SAH pour l’avenir ?
Que le club se pérennise en Fédérale 2, voire qu’il remonte en Fédérale 1 même si ça sera difficile. Lors de la première descente, nous avions perdu treize joueurs mais une nouvelle génération talentueuse, avec les Ducournau et Gachard notamment, avait su nous redonner de l’élan. Surtout, je leur souhaite de conserver leur état d’esprit. Et puis je ne cache pas que j’aimerais bien revenir au club dans quelques temps en tant qu’entraîneur. Je suis ambitieux et cela fait partie de mes projets à moyen terme. Alors pourquoi pas…

En attendant, tu vas clore cette saison en apothéose avec une finale de la Coupe de la Fédération au Stade de France en lever de rideau de Toulon-Castres…
J’aurais préféré me maintenir avec Hagetmau mais c’est vrai que, pour être un peu égoïste, c’est formidable de pouvoir finir cette partie de ma carrière avec ce match. J’ai été titulaire lors des précédents matchs de la sélection Côte basque-Landes et j’espère l’être à nouveau samedi soir…