Historique

Le temps des pionniers

Le SAH a été fondé le 26 octobre 1919 par une poignée d’amis qui s’étaient déjà initiés, avant la guerre, à ce nouveau sport venu d’Angleterre. Edmond Dupouy, le premier président, Roger Darzacq, le trésorier, et Jean Marsan sont les pionniers du rugby hagetmautien. Avant la création du SAH, ils renforçaient régulièrement l’équipe voisine de Saint-Sever et jouaient au ballon ovale avec leur camarades d’Hagetmau dès que l’occasion se présentait.

La première équipe du SAH lors de la saison 1919 - 1920

La première équipe du SAH lors de la saison 1919 – 1920

Avec Charles Plantié, premier secrétaire, Emile Lailheugue, vice-président et quelques autres, ils rédigent les statuts du club le 26 octobre 1919 et les déposent le 28 novembre suivant, qui marque la date officielle de création du SAH.

La couleur d’origine du SAH est le noir, comme les All Blacks. Ce n’est qu’en 1923 ou 1924 que Robert Lalaude, de retour de son régiment à Limoges, propose aux dirigeants hagetmautiens d’adopter les couleurs de la préfecture de Haute-Vienne, rouge et bleu. Depuis celles-ci n’ont jamais changé.

Le SAH végète quelques années en Quatrième Série Côte basque-Landes puis commence à gravir régulièrement les échelons, dans un championnat très dense et très relevé. Il remporte le titre de Quatrième Série en 1926 et accède à la Troisième Série, qu’il remporte en 1932. Lors de la saison 1938-1939, le SAH remporte le titre régional de Deuxième Série face au grand rival Saint-Sever (6-3), se hissant parmi les meilleurs clubs de la région. Il compte alors près de 80 licenciés.

La guerre vient interrompre cette ascension. Mais malgré de nombreux prisonniers en Allemagne, les clubs de Saint-Sever, Hagetmau, Montfort et Tartas créent la Coupe de l’Amitié afin de pérenniser la pratique du rugby. Le comité Côte basque-Landes organise également un mini-championnat auquel le SAH participe.

A la conquête de la France

Dès 1945, le rugby reprend de plus belle et le SAH, présidé par Robert Lalaude, reçoit le renfort d’Henri Fauthous. Ancien joueur de l’USD, il débute à Hagetmau une longue carrière d’instituteur et s’investit dans le club local où il sera joueur, entraîneur puis dirigeant jusqu’en 1965. Sous sa houlette, le SAH participe pour la première fois au championnat de France lors de la saison 1949-1950. En Promotion Honneur, il ferraille avec des équipes comme Saint-Cyprien ou Sainte-Foy-la-Grande. En 1952, il rate de peu l’accession en Troisième Division face au Stade bordelais.

Il faut attendre près de dix ans pour que la consécration vienne enfin. En 1961-1962, après avoir éliminé Mussidan à Armandie (6-3 après prolongations) et Vic-Bigorre à Aire-sur-l’Adour sur un essai de Moulneu lors des phases finales de Promotion Honneur, le club toujours conduit par Henri Fauthous accède à la Troisième Division fédérale.

A partir de cet instant, sa progression est fulgurante. Trois ans plus tard, lors de la saison 1964-1965, le SAH dispute la première finale du championnat de France de son histoire après avoir terminé premier de sa poule et éliminé Gimont, Royan puis Rion-des-Landes. Aux côtés de l’ancien Guy Larrezet, dit Chibro, qui vit sa 18e saison, et du nouvel entraîneur-joueur Jean Mollier venu de Saint-Sever, une génération précoce arrive à maturité : Jean-Claude Zéphirin, ouvreur de 19 ans et Jacques Dumartin, demi de mêlée de 19 ans, ainsi que Jean Jouglen, trois-quarts alors âgé de 17 ans seulement. Malheureusement, l’équipe s’incline de peu en finale face à Saint-Saturnin (8-11) mais se console en remportant le challenge de l’Espoir et en accédant à la Deuxième division fédérale.

En 1965, le SAH dispute la première finale nationale de son histoire. Si le titre de 3e division lui échappe, il se console en accédant à la 2e division et en remportant le challenge de l'Espoir.

En 1965, le SAH dispute la première finale nationale de son histoire. Si le titre de 3e division lui échappe, il se console en accédant à la 2e division et en remportant le challenge de l’Espoir.

Pendant une quinzaine d’années, le SAH va grimper dans la hiérarchie de la Deuxième Division nationale sous la présidence d’Henri Dumartin puis de Jacques Lotterie, remportant notamment le challenge de l’Essor en 1979. Durant ces années, le club va rater à plusieurs reprises et de très peu l’accession à la Première Division. Beaucoup se souviennent encore du match d’accession perdu face à Carqueiranne en 1979 dans des conditions discutables.

Mais l’année 1980 marquera la consécration pour le club avec son premier titre de champion de France de Deuxième Division remporté face à Foix et l’accession à la première Division. Un exploit retentissant pour un groupe de joueurs issus d’Hagetmau et de ses environs et emmenés par un joueur sans équivalent : Alain Lansaman. Troisième ligne redoutable et redouté, Alain a porté la réputation du SAH et d’Hagetmau par-delà les frontières de l’Ovalie. Sa fidélité à son club et à sa ville malgré les sollicitations explique qu’il n’ait pas connu l’équipe de France A, bien qu’il fut considéré à l’époque comme l’un des tout meilleurs joueurs de l’Hexagone. En outre, son engagement et son état d’esprit sur le terrain, sa gentillesse et sa simplicité en dehors, en ont fait un joueur respecté par tous les grands noms du rugby qui ont croisé sa route et par tous les Hagetmautiens qui ont joué à ses côtés ou sous ses ordres.

Le SAH accède à l'élite nationale par la grande porte en remportant le bouclier de Deuxième division face à Foix.

En 1980, le SAH accède à l’élite par la grande porte en remportant le bouclier de Deuxième division face à Foix.

Dans la cour des grands

De 1980 à 1993, le SAH évolue en Première Division avec sept saisons en Groupe A et six saisons en Groupe B. Pendant cette période, les plus grands clubs du pays, comme Montferrand, Grenoble, Béziers, le Racing, Toulon, Bègles, Perpignan ou bien sûr les voisins dacquois et montois, viennent au stade Georges-Dumartin défier les Rouge et Bleu. Parmi les innombrables morceaux de bravoure, on retiendra en 1990 la victoire face aux vedettes du SU Agen, Sella, Benazzi, Berbizier, Benetton et consorts, alors vice-champions de France, avec deux essais à la clé (12-6) ! « Ils s’en souviendront toute leur vie », déclarait un Pierre Berbizier dépité à l’issue du match.

Avant cela, en 1983, le SAH remporte le titre de champion de France de Groupe B face au Puc (12-7), réalisant sans doute la meilleure saison de son histoire et remportant le challenge Pernod du plus grand nombre d’essais marqués, sous la houlette de Max Godemet, futur membre du staff du XV de France.

La saison 1982-83 restera sans doute la meilleure de l'histoire du club, avec, à la clé, le titre de champions de France Groupe B et l'accession en Groupe A, sous la houlette de Max Godemet.

La saison 1982-83 restera sans doute la meilleure de l’histoire du club, avec, à la clé, le titre de champions de France Groupe B et l’accession en Groupe A, sous la houlette de Max Godemet (à droite).

En 1986, le SAH dispute un barrage de qualification pour les huitièmes de finale du championnat de France face à Béziers. Un essai indiscutable refusé aux Rouge et Bleu les prive des phases finales du championnat de France de Première Division Groupe A. Cette année-là, le club est classé au 17e rang national par Midi Olympique et Alain Lansaman figure parmi les meilleurs joueurs de l’Elite aux côtés de ses compagnons Tudela, Pulquerie, Degoul, Barbary, Lesbarrères, Ducournau et consorts.

Toujours là !

Après 1993 et sa descente en Deuxième Division suite à une refonte du championnat, le SAH se maintient parmi l’élite amateurs ou à l’échelon inférieur, sans jamais connaître un véritable déclin. Il participe régulièrement aux phases finales de deuxième division et remonte même en Nationale 1 en 1998, malgré l’avènement du professionnalisme. Aujourd’hui encore, il conserve son rang parmi les 70 meilleurs clubs du pays.

Depuis trois saisons, le SAH évolue en effet en Fédérale 1 après avoir atteint la finale de Fédérale 2 en 2011 au terme d’un parcours extraordinaire. Seule une ultime défaite face aux « professionnels » de feu Marseille-Vitrolles le priva d’un titre national pourtant largement mérité.

Près de trente ans après son âge d’or, le club continue d’écrire son histoire et de faire honneur à la mémoire d’Alain et de ses glorieux anciens.

Alain-Lansaman

D’après « Des All Blacks aux Rouge et Bleu », textes de Bernard Bocquenet, Roger Sarres et Henri Dumartin. Photos SAH.

Palmarès

Champion de France Première Division Groupe B (1983), champion de France Deuxième Division (1980), finaliste Fédérale 2 (2011), finaliste Troisième Division (1965), challenge de l’Espérance (1985), challenge de l’Essor (1979), challenge de l’Espoir (1965), champion Côte basque-Landes (1926, 1932, 1939).

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